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Un manager n’a pas besoin d’avoir réponse à tout. Il doit savoir poser les bonnes questions.

Un manager en réunion avec son équipe, dans un bureau moderne.
Un manager en réunion avec son équipe, dans un bureau moderne.

Dans beaucoup d’organisations, le manager est encore perçu comme celui qui doit savoir.

Savoir quoi faire.Savoir trancher.Savoir résoudre.Savoir rassurer.Savoir répondre immédiatement.


Cette représentation est compréhensible. Lorsqu’une équipe rencontre une difficulté, lorsqu’un client se plaint, lorsqu’un délai devient critique ou qu’un conflit apparaît, chacun se tourne spontanément vers le responsable.

« Qu’est-ce qu’on fait ? »« Quelle décision prends-tu ? »« Dis-nous comment procéder. »


Le risque est alors grand pour le manager de vouloir démontrer sa légitimité en apportant rapidement une réponse.

Or, répondre trop vite n’est pas toujours aider.


Parfois, c’est empêcher l’équipe de penser.Parfois, c’est renforcer la dépendance.Parfois, c’est priver les collaborateurs de leur capacité à analyser, à proposer et à prendre leur part de responsabilité.


Un manager n’est pas là pour devenir le réceptacle de toutes les questions ni le producteur automatique de toutes les solutions.

Son rôle est aussi de créer un espace où chacun peut réfléchir, contribuer et agir.

Cela demande de passer d’une posture de réponse à une posture de questionnement.

Non pas pour éviter de décider.

Mais pour décider avec davantage de lucidité, de responsabilité partagée et d’engagement collectif.

Une bonne question ne cherche pas à mettre quelqu’un en difficulté.

Elle cherche à éclairer une situation.

Par exemple, au lieu de demander :

« Pourquoi cela n’a-t-il pas été fait ? »

Le manager peut demander :

« Qu’est-ce qui a empêché que cela soit fait dans les conditions prévues ? »


La première question risque de placer l’autre dans la justification ou la défense.

La seconde permet d’ouvrir l’analyse : manque d’information, priorité contradictoire, difficulté technique, absence de coordination, peur de demander de l’aide, décision non clarifiée.

De la même manière, au lieu de dire :

« Voilà ce que vous devez faire. »

Il peut demander :

« Quelles options voyez-vous aujourd’hui ? »« Quels seraient les avantages et les risques de chacune ? »« Qu’est-ce qui vous semble réaliste dans le délai dont nous disposons ? »« De quoi avez-vous besoin pour avancer ? »« Quelle première décision pouvons-nous prendre maintenant ? »

Ces questions ne retirent rien à l’autorité du manager.


Au contraire, elles renforcent son rôle.

Car l’autorité ne consiste pas seulement à décider à la place des autres. Elle consiste aussi à donner un cadre, à orienter, à clarifier les priorités et à permettre à chacun de devenir plus autonome.


Un manager qui pose les bonnes questions aide son équipe à sortir de trois pièges fréquents :

Le premier est la passivité :« Dis-moi quoi faire, je vais exécuter. »

Le deuxième est la plainte :« On ne peut rien faire, tout est compliqué. »

Le troisième est la dispersion :« Chacun propose quelque chose, mais personne ne sait réellement ce qui doit être décidé. »


Le questionnement juste remet du mouvement là où il y avait de l’attente, du flou ou de la résignation.

Il permet de passer :

de l’opinion à l’analyse,de la plainte à la responsabilité,de la confusion à la décision,de l’exécution à l’engagement.


Cela ne signifie pas que le manager doit toujours rester dans la question.

Il y a des moments où il doit trancher, protéger, arbitrer et donner une direction claire.

Mais avant de décider, il peut souvent prendre le temps de faire émerger l’intelligence du collectif.

Car une équipe grandit moins grâce aux réponses toutes faites qu’elle reçoit que grâce aux questions qui lui apprennent à penser par elle-même.


Le bon manager n’est donc pas celui qui prétend tout savoir.

C’est celui qui sait quand répondre, quand décider, quand écouter et, surtout, quand poser la question qui permettra à chacun de retrouver sa capacité à agir.


Une réponse peut résoudre un problème ponctuel.Une question juste peut faire grandir toute une équipe.


Et vous, quelles questions vous semblent les plus utiles pour aider vos collaborateurs à devenir plus autonomes et plus responsables ?


 
 
 

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